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Le paradoxe des nouvelles formes de contrôle des mobilités : entre les besoins d’ouverture et les réponses de fermeture

Victor Piché
16 February, 2014

Conférence présentée au Colloque internationale de l’ACSALF, Université d’Ottawa, 14-17 octobre, 2014.

Victor Piché, Professeur honoraire de démographie, Université de Montréal et chercheur associé à la Chaire Oppenheimer de l’Université McGill.

Introduction

Tous les jours, dans les media, on apprend le triste sort réservé aux nombreuses personnes tentant de traverser la Méditerranée, qualifiée de « cimetière marin ». On pourrait tout aussi bien parler du « cimetière désertique », tant dans le Sahara qu’à la frontière Mexique-États Unis. La mort n’est que la fin dramatique d’une longue série d’obstacles que doivent affronter de nombreux migrants.

La mobilité est au cœur des préoccupations sociales et économiques et est devenue un enjeu politique incontournable dans le monde politique, en particulier dans les partis de droite et d’extrême droite, et même de plus en plus dans les partis de gauche. Même si les enjeux migratoires ont toujours été présents dans les débats publics, la mobilité revêt aujourd’hui des formes nouvelles et complexes (Crépeau, Nakache et Atak, 2009) et elle ne se comprend pas sans référence au contexte de mondialisation et de concentration de plus en plus grande de la richesse mondiale (Pikety, 2013). Le présent article s’interroge sur le paradoxe d’une migration internationale de plus en plus en demande (e.g. besoins en main d’œuvre) face à de nouvelles formes restrictives et répressives de contrôle des mobilités de plusieurs catégories de populations.

Le présent article vise trois objectifs. Dans un premier temps, il fournit quelques éléments permettant de documenter la montée des mesures restrictives et répressives en matière de gestion de la migration internationale. Celle-ci constitue de plus en plus une course à obstacles pour plusieurs catégories vulnérables de migrants et migrantes, entre autres, les réfugiés, les sans papiers et les travailleurs temporaires. En deuxième lieu, l’article pose la question : comment en est-on arrivé là, à savoir à une situation de restriction, d’exclusion dans un contexte démographique et économique qui milite en faveur d’une plus grande ouverture des frontières? Bref, comment expliquer ce paradoxe? La troisième partie explore quelques hypothèses pouvant expliquer cette apparente contradiction entre les besoins d’ouverture et les réponses de fermeture.

[…]

Conférence présentée au Colloque internationale de l’ACSALF, Université d’Ottawa, 14-17 octobre, 2014.

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