Les travailleurs migrants, nouveaux non-citoyens du monde

Victor Piché (2008), Possibles, vol. 32, no 3-4, p.41-51.
1 January, 2008

Le phénomène des migrations internationales pose en ce début de siècle des défis à la mesure des transformations sociales et politiques qui affectent l’ensemble des pays de la planète. En particulier, la mondialisation change radicalement la donne en ce qui concerne le rôle des migrations internationales et surtout la place dévolue aux travailleurs migrants. Nous assistons présentement à la mise en place d’un nouveau régime migratoire axé sur le refus de l’intégration citoyenne inscrit dans des programmes de travailleurs étrangers qui mettent l’accent sur l’aspect temporaire des permis de travail.

Ce nouveau contexte migratoire n’est pas sans contradictions. Nous en relevons trois ici, que nous présentons sous forme de paradoxes. Premier paradoxe : alors que la mondialisation des marchés de tout acabit (capital, biens, services, cultures, idéologies) exercent des pressions énormes sur la libéralisation de la circulation des personnes et favorisent une gestion mondiale des migrations, les États mettent en place des politiques migratoires de plus en plus restrictives au nom de la souveraineté nationale. Deuxième paradoxe : alors que les pays développés sont sous le « choc » démographique caractérisé par d’importantes pénuries de main d’œuvre, les discours anti-immigration font rage, soit au nom de la sécurité nationale, soit au nom de valeurs nationales fondamentales à préserver. Enfin, troisième paradoxe : alors que le paradigme des droits de la personne, et en particulier des droits des travailleurs migrants, semble émerger comme discours important, les politiques migratoires s’orientent dans un sens contraire en octroyant le moins de droits possibles aux travailleurs migrants et aux membres de leur famille.

Les travailleurs migrants, nouveaus non-citoyens du monde

See online the full article (in French) on the blog of the journal Possibles.

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